Africa CEO Forum : L’Afrique face au déferlement industriel asiatique et la nouvelle donne du commerce mondial
- Pytheas asso
- il y a 1 jour
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Alors que la Chine vient d'abaisser ses droits de douane à l'importation à 0% pour tous les pays du continent africains, le dialogue et les conférences à Kigali ont officiellement abordé la menace et l'opportunité que représente le surplus de production industrielle en provenance d'Asie.

Depuis 2025, l'économie mondiale est entrée dans une phase de fragmentation. Les grandes puissances occidentales, engagées dans une logique de « dé-risquage » et de protectionnisme agressif, ont fermé leurs marchés aux surcapacités asiatiques, particulièrement dans les secteurs des véhicules électriques, de l'acier et des technologies vertes. Le rapport économique annuel 2025 de la BRI souligne que les perspectives mondiales sont devenues bien plus incertaines, les perturbations commerciales menaçant de remodeler le paysage économique, dans un monde déjà aux prises avec la fragmentation économique et la baisse de la productivité. Le FMI confirme que la croissance mondiale ralentit, dans un paysage marqué par une hausse du protectionnisme et de la fragmentation.
Ce surplus, ne trouvant plus preneur en Europe ou en Amérique du Nord, s'est massivement réorienté vers les marchés émergents les plus ouverts, l'Afrique en première ligne. Historiquement, le continent a souvent été cantonné à un rôle d'exportateur de matières premières et d'importateur de produits finis. De même qu'avec les obstacles de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), les États africains ne disposent aujourd'hui que de très peu d'outils juridique pour négocier leur place dans ce nouvel ordre commercial, alors que le partenaire chinois reste très influent, sinon très présent. Sur les huit premiers mois de 2025, les exportations chinoises de technologies propres vers l'Afrique ont presque triplé. Au premier semestre 2024, 44 % des exportations chinoises de véhicules électriques étaient à destination des pays émergents, contre 18 % deux ans plus tôt.
Les conférences de Kigali vont s'intéresser de près à ce phénomène et questionner l'ère du libre-échange subi, cédant la place à une ouverture stratégique. Le succès de l'industrie automobile au Maroc et de la pharmacie au Kenya sert de boussole, car ces pays n'ont pas simplement ouvert leurs frontières, ils ont négocié des transferts de technologie et des taux d'intégration locale en échange de l'accès à leur marché. L'enjeu est de maîtriser la transformation des relations commerciales avec ses partenaires, tout en régulant le commerce mondial.




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