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Instabilité brutale au Mali

  • Franck Biyidi
  • il y a 7 jours
  • 2 min de lecture

L’attaque menée contre le camp militaire de Kati et les installations aéroportuaires de Bamako marque un tournant sécuritaire majeur pour le pouvoir malien en place. En frappant le cœur névralgique de l’appareil de défense et le lieu de résidence même du colonel Assimi Goïta, les groupes armés démontrent une capacité de projection inédite au centre du pouvoir.



Cette dégradation sécuritaire s’inscrit dans une instabilité chronique débutée en 2012, exacerbée par les deux coups d’État successifs de 2020 et 2021. Le retrait des forces françaises de l’opération Barkhane et la fin de la mission des Nations Unies, ont laissé un vide sécuritaire que les Forces armées maliennes, épaulées par les instructeurs russes du groupe Wagner, peinent à combler.


Les quatre acteurs qui s’affrontent dans ce théâtre complexe sont, entre autres, la junte malienne, qui cherche à maintenir sa souveraineté et sa survie politique par une stratégie de force pure.


Face à elle, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié aux groupes djihadistes, prouve qu’il peut désormais frapper la capitale et non plus seulement les zones rurales. La Russie consolide son influence sécuritaire et minière dans la région, tandis que la CEDEAO et les puissances occidentales observent avec inquiétude l’effritement de l’architecture de sécurité régionale.


Géopolitiquement, cet événement fragilise le récit de la montée en puissance de l’armée malienne et isole davantage Bamako sur la scène diplomatique. L’incapacité à sanctuariser le palais présidentiel de Kati envoie un signal de vulnérabilité aux pays voisins du Sahel et aux partenaires internationaux. L’impact économique est tout aussi préoccupant, car l’insécurité grandissante freine les investissements étrangers, notamment dans le secteur stratégique des mines d’or. La perturbation des axes de transport vers Bamako risque d’aggraver l’inflation et de paralyser une économie déjà éprouvée par les sanctions passées et la baisse des aides budgétaires internationales. Pour la société malienne, cette attaque accentue un sentiment d’angoisse quotidienne. La militarisation de l’espace public et la multiplication des check-points ne suffisent plus à rassurer une population qui voit le conflit se déplacer du Nord vers le Sud, augmentant le risque de déplacements internes et de crises humanitaires dans les zones urbaines.


Pour le Mali, deux scénarios se dessinent désormais. Le premier envisage un durcissement accru du régime, avec une restriction des libertés civiles et une offensive militaire massive pour restaurer l’image de fermeté du pouvoir. Le second, plus sombre, suggère un enlisement sécuritaire où les attaques asymétriques se multiplient, poussant le gouvernement à une forme de repli défensif sur Bamako pendant que les périphéries échappent totalement à son contrôle.

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