Sécurité en Afrique : au Forum de Dakar, le Sénégal et ses alliés imposent la doctrine des « solutions africaines »
- Le Paraphe
- il y a 3 jours
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Le dixième Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité a réuni les dirigeants du Sénégal, de la Mauritanie et de Sierra Leone autour d'un impératif de souveraineté stratégique totale. Ce sommet marque une volonté de rupture avec les influences étrangères pour privilégier des solutions strictement africaines face à l'expansion jihadiste au Sahel.

L'Afrique de l'Ouest traverse une période de reconfiguration politique profonde après une décennie d'interventions militaires internationales n'ayant pas réussi à stabiliser la région. Le Sahel est devenu en 2025 l'épicentre mondial de la violence terroriste, concentrant près de la moitié des décès liés au jihadisme à l'échelle du globe selon les données de l'Indice mondial du terrorisme. Dans ce sillage, de nouveaux régimes comme celui de Bassirou Diomaye Faye au Sénégal prônent désormais un souverainisme décomplexé et une autonomie militaire accrue. Cette dynamique s'inscrit dans un rejet croissant des agendas sécuritaires dictés par des puissances extérieures, alors que le continent subit les contrecoups des rivalités pour le contrôle des ressources énergétiques et minières.
Les États riverains du Sahel, menés par le Sénégal et la Mauritanie, constituent le premier bloc avec pour objectif de reprendre le contrôle de leur espace stratégique sans intervention tierce. Face à eux, les groupes armés terroristes exploitent les failles des dispositifs nationaux pour s'implanter durablement et perturber les routes commerciales terrestres et maritimes. Les grandes puissances internationales, dont les États-Unis, la Russie et la Chine, restent des acteurs ambivalents dont les intérêts miniers entrent souvent en collision avec les aspirations de souveraineté locale. Enfin, les organisations de coopération continentale comme l'Union africaine tentent de revitaliser leurs mécanismes internes pour offrir une alternative crédible aux alliances militaires étrangères.
Le forum de Dakar souligne un basculement où l'Afrique refuse d'être le simple théâtre des convoitises étrangères. Le défi consiste à transformer cette volonté d'autonomie en une force de dissuasion réelle capable de stabiliser le golfe de Guinée sans dépendre de bases militaires occidentales ou de sociétés de sécurité privées russes. Ce positionnement redéfinit la place du continent dans la gouvernance mondiale en exigeant un rôle d'acteur à part entière dans la recomposition des équilibres stratégiques actuels.
La sécurisation des ressources naturelles est devenue le pivot central de la doctrine souverainiste. La piraterie maritime et la criminalité organisée menacent directement les exportations de gaz et de minerais dont dépendent les budgets nationaux en pleine expansion. En prônant l'intégration africaine comme un levier central, les dirigeants espèrent créer un marché intérieur plus résilient et protéger leurs chaînes de valeur contre les chocs provoqués par les rivalités entre grandes puissances. L'objectif est de cesser d'être un simple fournisseur de matières premières pour devenir un pôle de transformation industrielle sécurisé.




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