De Nairobi de 2018 à Nairobi de 2026 : l'économie bleue et ses symboles à l'Africa Forward
- Le Paraphe
- il y a 3 jours
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A la veille du sommet Africa Forward, plusieurs éléments distinguent déjà cette rencontre, notamment sur les sujets liés à l'économie bleue. Déjà en novembre 2018, Nairobi avait accueilli la première conférence mondiale sur l'économie bleue durable, organisée en partenariat avec le Canada et le Japon et soutenue par la Banque mondiale.
Cet événement avait pour ambition d'exploiter le potentiel des océans, des mers, lacs et rivières pour améliorer les vies des femmes, des jeunes et des populations autochtones vivant notamment dans les pays en voie de développement, tout en mettant en avant les dernières innovations scientifiques et les meilleures pratiques de conservation des eaux. Ce sommet pionnier avait posé les bases d'une doctrine dans laquelle l'Afrique joue le jeu d'une gouvernance maritime durable.

Le contexte de ces rencontres et surtout les éléments de discussion liés à l'économie bleue, restent des signaux assez forts envoyés à la communauté internationale. En effet, le gouvernement kenyan s'est imposé comme le leader des sommets consacrés à la gestion des mers et des océans sur le continent.
Le fait que la table ronde sur l'économie bleue soit coprésidée par le Sénégal est lourd de sens. Ousmane Sonko (NDLR : premier ministre du Sénégal depuis 2024) avait promis, lors d'un meeting à Mbour, de renégocier les accords de pêche entre le Sénégal et l'Union européenne pour que les ressources halieutiques du pays bénéficient davantage aux Sénégalais. Alors, Dakar se présente donc à Nairobi comme un acteur souverain ayant déjà fait le choix de ne pas renouveler cet accord (NDLR : qui a pris fin en novembre 2024).
Sur le plan géopolitique, la rupture avec l'accord de pêche européen est un événement singulier. Le partenariat entre le Sénégal et l'UE dans le domaine de la pêche datait du début des années 1980. Sur la dernière période de cinq ans (2019-2024), il avait apporté au budget de l'État sénégalais une contribution de 8,5 millions d'euros, auxquels s'ajoutent les redevances versées par les armateurs, dont une enveloppe de 900 000 euros par an destinée à des projets de développement du secteur. Renoncer à cet engagement, revient à défendre la souveraineté sur la dépendance. Dans l'attente des échanges prévus durant le sommet, les 11 et 12 mai 2026, les enjeux et les symboles sont bien au rendez-vous.




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