Le Charles de Gaulle cap sur Ormuz : quand la France choisit de ne pas subir
- Le Paraphe
- il y a 22 heures
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Le 6 mai 2026, le porte-avions Charles de Gaulle franchit le canal de Suez et met le cap sur le golfe d'Aden. Il ne participe à aucune des deux opérations militaires américianes en cours dans la région, ni à "Fureur épique", ni à son successeur "Projet Liberté". Ce déploiement se veut être une démonstration de force qui affirme la capacité française à agir sans s'aligner.

La situation dans le détroit d’Ormuz a un impact mondial. La France, qui n’est pas partie prenante au conflit, reste attachée au respect du droit international et de toutes les souverainetés. Les armées françaises agissent depuis le 28 février dans une posture défensive, et ont travaillé aux côtés des Britanniques avec leurs partenaires à une initiative multinationale fruit d’une planification ad hoc regroupant plus de quarante nations, visant à contribuer au rétablissement de la navigation dans le détroit d’Ormuz, en coordination avec les États riverains.
Depuis le 28 février 2026, Washington, Donald Trump, annoncent dans une vidéo publiée sur Truth Social que "les forces armées américaines ont commencé des opérations de combat majeures en Iran". Les premières frappes ciblent Téhéran, Ispahan, Qom et plusieurs autres villes abritant des sites militaires et nucléaires. La réponse iranienne est immédiate et massive. L'Iran ferme le détroit d'Ormuz et le trafic de pétrole et autres produits pétroliers y est suspendu. La fermeture bloque instantanément 150 navires de fret et pétroliers.
Avant la crise, environ 25 % du pétrole et 30 % des engrais échangés à l'échelle mondiale transitaient par ce détroit. Depuis mars, seule une poignée de navires est parvenue à emprunter cette route qui voyait auparavant passer en moyenne 129 navires par jour.
Sur le plan géopolitique, le déploiement du Charles de Gaulle illustre ce que l'on pourrait appeler la diplomatie navale de la troisième voie. En envoyant son seul porte-avions dans le golfe d'Aden sans rejoindre la coalition américaine, Paris envoie un signal.
D'abord, que la France dispose de la capacité de projection, un porte-avions nucléaire avec son escorte de frégates, embarquant une vingtaine de Rafale Marine, n'est pas une flottille symbolique. Le groupe aéronaval permet d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l'initiative, d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise, et d'intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Ensuite, elle n'est pas vassale de Washington.
En construisant une coalition avec Londres, Paris propose une architecture alternative à celle de Trump, ce qui lui permet de rassembler des États qui veulent contribuer à la liberté de navigation sans s'associer à une guerre offensive. C'est précisément la lisibilité que recherchent des puissances comme l'Inde, le Japon ou les Émirats arabes unis, tous frappés par la fermeture du détroit mais réticents à s'aligner sur Washington




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